Notice: Array to string conversion in /home/philippeahi/www/wp-content/plugins/custom-sidebars/inc/class-custom-sidebars-replacer.php on line 213

Ehpad : “on est proche de l’explosion”

Article provenant du média Haut Anjou du 22 décembre 2017

Pour la première fois, les directeurs d’Ehpad, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes se mobilisent afin d’alerter sur les conditions de prises en charge de leurs résidents. Selon eux, la situation est « très inquiétante ».

On les entend peu et pourtant, eux aussi, sont en première ligne. Les directeurs d’Ehpad, dont une large partie est réunie au sein de la fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et de services pour personnes âgées (Fnadepa), se mobilisent pour la première fois en adressant une lettre ouverte à l’ensemble des élus. Cette lettre ouverte, Franck Tessier, directeur de l’Éhpad Sainte-Claire de Noyant-la-Gravoyère, l’a remise en main propre au député de la 7e circonscription Philippe Bolo lundi 18 décembre. Le parlementaire avait été invité à visiter l’établissement qui accueille 70 personnes très dépendantes.

«La situation est très inquiétante, on est au bord de l’explosion», a lancé Franck Tessier lequel, en tant que président de la fédération nationale des directeurs d’établissements et de services pour personnes âgées de Maine-et-Loire a assez de recul pour savoir que les difficultés touchent l’ensemble des établissements de santé.
Les inquiétudes concernent encore et toujours le manque de moyens alloués aux établissements pour personnes âgées indépendantes. « À titre d’exemple, ici, dans mon établissement, il nous faudrait au moins deux postes d’aide-soignantes supplémentaires et 0,5 équivalent temps plein d’infirmière pour être bien ».
Entre l’âge des résidents de plus en plus élevé, leur dépendance de plus en plus importante, les professionnels des Ehpad sont aussi confrontés aux tâches administratives de plus en plus lourdes. «Il faut gérer ces évolutions avec les mêmes moyens.»

L’Éhpad de Sainte-Claire possède également deux unités d’Alzheimer, ce qui représente 23 résidents sur les 70. «Les ratios en terme de personnel sont les mêmes, alors que la prise en charge est différente. On doit trouver des bouts de ficelles pour faire face ». Et parfois rappeler les salariés en repos le week-end pour gérer les arrêts maladie. «On n’accueille plus les gens en fonction des besoins mais en fonction de nos capacités. »

Autre crainte : les conditions de travail des professionnels de santé. Les charges salariales qui représentent 75% du budget d’un Ehpad augmentent naturellement de 1 % chaque année «au minimum», quand les moyens, eux, restent identiques. «Comment allons-nous faire ? On ne va plus les payer? On va devoir les licencier?», s’inquiète Franck Tessier.
Les directeurs comme lui s’alarment aussi de voir les écoles d’aide-soignantes posséder plus de places que de candidats. «Comment voulez-vous attirer des jeunes dans un métier au salaire si peu élevé quand on sait aussi que le taux d’arrêt de travail lié aux blessures est plus important que dans le secteur du BTP?»
Et d’insister: «Ces salariés donnent beaucoup. Ils font des miracles tous les jours! Mais j’ai peur que ça ne suffise plus. »