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“La bonne volonté ne suffit plus”

Article provenant du média Courrier de l'Ouest du 18 décembre 2017

» La bonne volonté ne suffit plus »
Financements insuffisants, conditions de travail en flux tendu… En Pays de la Loire, des directeurs d’établissements pour personnes âgées adressent une lettre ouverte aux élus.

0n a besoin de plus d’aide-soignantes, plus d’infirmières, plus de personnel dans les unités Alzheimer. […] On fait des miracles tous les jours, mais la bonne volonté ne suffit plus. Franck Tessier dirige la Résidence Sainte Claire, un établissement pour personnes âgées associatif à Noyant-la-Gravoyère. Président de la fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa) de Maine-et-Loire, il recevait hier Philippe Bolo, député de la 7e circonscription.
A l’exemple de ce que vit son établissement de 70 places, dont 29 en unités Alzheimer, le directeur lui a dressé un état des lieux alarmant des aides financières publiques et des conditions de travail. « Depuis le 1er janvier 2017, l’État finance au forfait, fixé pour cinq ans. Ça veut dire qu’on fonctionne pendant cinq ans à moyens constants. Rien qu’avec l’ancienneté, la masse salariale augmente d’au moins 1 % par an. Dans les établissements pour personnes âgées, l’absentéisme physique lié à des arrêts de travail a un taux supérieur à celui du BTP, alors qu’on est très bien équipés ».
En poste à Sainte-Claire depuis 2003, Franck Tessier a vu les besoins changer, sans que les ressources suivent : vieillissement de la population, plus de malades d Alzheimer, toujours plus de tâches administratives, de médicalisation… « Les personnes arrivent de plus en plus dépendantes, quand le maintien à domicile est devenu impossible. Mais en Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), on a le même ratio d’encadrement qu’en maison de retraite. On ajuste les effectifs en déshabillant une unité pour l’autre en fonction des besoins. On a des salariés méritants, mais ils passent de moins en moins de temps auprès des personnes ». S’ajoutent des difficultés à recruter liées à la baisse de vocations dans le secteur médico-social, dont les métiers sont dévalorisés. Une situation difficile à vivre et généralisée dans les Pays de la Loire, affirme le directeur :« Il y a des situations de burn-out, y compris chez les directeurs ». Parallèlement les listes d’attente s’allongent, la région étant considérée par l’ARS comme bien dotée par rapport à d’autres en situation de pénurie. Rien qu’à l’Ehpad noyantais, 100 noms figurent sur la liste d’attente en unité Alzheimer. « On sélectionne à l’entrée en fonction de notre capacité, pas des besoins de la personne. Ethiquement, ça nous gêne. C’est pas nos valeurs », concède Franck Tessier. «Au niveau social, on n’est pas loin de l’explosion dans un secteur qui n’est pas habitué à ça. On est quasiment dans le mur ».
« Il faudrait plus de personnes mieux payées », a commenté Philippe Bolo. Membre de la commission Affaires économiques, il a évoqué « des leviers » comme la silver economy, le financement participatif… Il est reparti avec une lettre ouverte, écrite par la Fnadepa des Pays de la Loire à l’intention des élus, notamment des parlementaires. Elle est distribuée à partir de cette semaine. « Je vais échanger avec mes collègues sur ce que j’ai vu », a dit le député, suggérant « un chiffrage économique global » pour une meilleure répartition des contributions versées au titre des personnes âgées « Il faut voir ce qui marche. » A la Fnadepa, on attend du concret. « Sinon, on envisage d’autres actions », a prévenu Franck Tessier.

105 ÉTABLISSEMENTS EN MAINE-ET-LOIRE
78 adhèrent à la Fnadepa : 40% publics, 40% de type associatif, et 20% privés. En France, le coût moyen a la charge des familles est de 2 250 €. La Résidence Sainte-Claire est l’établissement le moins cher du département : sur un coût réel supérieur à 3 000 € par personne pour 30 jours, l’État verse environ 800 €, le Département 400 €, le résident ou sa famille 1780 € quelle que soit la nature de la prise en charge. Seulement 10 % des résidents touchent une aide sociale. La résidence, emploie 65 salariés (67 ETP).