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Le député à la rencontre des filières agricoles

Article provenant du média Ouest-France du 12 octobre 2017

Le député à la rencontre des filières agricoles
Angrie – Les représentants des filières agricoles du Segréen et le député Philippe Bolo se sont retrouvés, lundi. Ils ont échangé sur les États généraux de l’alimentation, le revenu agricole…

Chez Frédéric Robert, producteur de lait et de poulets, installé depuis 22 ans, le député Philippe Bolo a en¬filé les bottes. Après la visite de l’exploitation, en compagnie des représentants des filières agricoles du Segréen FDSEA-JA (viande bovine, porcine. avicole, cultures…), il a été invité à se mettre à table. Tous les sujets chauds du moment ont été évoqués.
On y a longuement parlé de l’ensemble des préoccupations de la profession, et notamment de la juste rémunération du travail. Une profession empêtrée « dans les griffes de la grande distribution ». Celle qui « met dans la tête du consom¬mateur la logique du prix bas »,dénoncent les participants en citant « les centres Leclerc », et des consommateurs « qui tombent dans le panneau ».
« J’ai relevé récemment, dans une grande surface locale, 6 litres de lait vendus 0,45 € le litre », souligne Nathalie Langereau éleveuse de volailles au Louroux-Béconnais. Frédéric Robert estime, lui, son coût de production de la tonne de lait à 317 €. Une fourchette basse. « Je perçois 19 000 € d’aides de la PAC (politique agricole commune). » Avec cette aide, comparativement au prix payé il y a 22 ans. c’est le même prix.»

« Arrêtons de brader nos produits », a-t-il ajouté.
Au cours des échanges, Philippe Bolo, député de la 7e circonscription de Maine-et-Loire, a préféré parler « d’avenir ». et proposé des pistes d’amélioration du revenu des agriculteurs.
Il a cité la méthanisation, la biodiversité, l’aménagement du territoire… « Ça finira par avoir une valeur », a- t-il avancé. Une valeur et une reconnaissance qui tardent à venir pour la plupart des producteurs, qui attendent beaucoup des États généraux de l’alimentation. Coté représentants des filières, on s’insurge de « la perte de repères chez le consommateur, avec des
promotions non encadrées, la non-maîtrise des volumes avec des frontières poreuses », Et des agriculteurs au bord du désespoir. « La première cause de maladie dans la profession, ce n’est pas le cancer, mais la dépression. Ceux que vous voyez encore, ce sont ceux qui sont en bonne santé », ajoute la productrice de volailles.
De l’avis des participants, cette rencontre aura été « un bon moment d’écoute, et de sincérité ». L’expérience devrait être renouvelée : « Un rendez-vous sera fixé prochainement dans une unité de méthanisation », indique Frédéric Robert.

Des agriculteurs soucieux de la qualité de l’eau

La qualité de l’eau, il en a été question lors de la rencontre avec le député Philippe Bolo, lundi. Au travers du sujet lui aussi d’actualité : le glyphosate. L’exploitation de Frédéric Robert est située dans les 2 900 ha du périmètre de captage en eau potable de Vritz (44). Et la qualité des eaux est en deçà des normes. « Il y a 3 ans, j’ai créé une association pour fédérer les actions sur la zone, et être entendu par l’administration, et les autres associations (Candé patrimoine environnement, France environnement…). Ça se passe plutôt bien », explique Frédéric Robert. « Même s’il reste encore quelques récalcitrants, la quasi-totalité des agriculteurs a pris conscience qu’il fallait agir sur le périmètre. » L’exploitant pense « que l’agriculture peut se passer du glyphosate. Pour peu que les agriculteurs soient encadrés, et que la méthode alternative soit réfléchie et supportable financièrement ». Il mise aussi sur une autre action en cours de développement : l’achat groupé de matériel de désherbage alternatif (bineuses…). « Il n’est pas question de transformer la zone entière en zone bio. Si l’opération coûte le même prix que de passer des produits désherbants sur les surfaces, on aura quand même fait un vrai geste en faveur de l’environnement. » Frédéric Robert reste confiant. « L’agriculture peut rester attirante et moderne pour les jeunes. Et elle est capable de produire des produits de qualité. » Reste à lui en payer le « juste prix ».